L'école sera obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019.

28 mars 2018 - 56 vues

Emmanuel Macron a confirmé, ce mardi, sa décision d'abaisser l'âge de la scolarité obligatoire de 6 à 3 ans à partir de 2019, en ouverture des «Assises de la maternelle», organisées à Paris.

«L'école maternelle est et sera davantage à l'avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français», a dit le chef de l'Etat.

«A ce titre, j'ai en effet décidé de rendre obligatoire l'école maternelle et d'abaisser de 6 à 3 ans en France l'obligation d'instruction dès la rentrée 2019», a-t-il poursuivi. Abaisser l'âge de la scolarité est une première depuis 1882.

La durée de scolarité n'a en effet été changée que deux fois depuis la loi Ferry du 28 mars 1882 : en 1936 par Jean Zay (la faisant évoluer de l'âge de 13 à 14 ans) et, en 1959, par le général de Gaulle (la portant à 16 ans). Emmanuel Macron a dit vouloir cesser «de considérer l'école maternelle comme une option».

Aujourd'hui, la plupart des enfants entrent déjà à l'école dès trois ans. Sur l'année scolaire 2015/2016 (derniers chiffres connus), 97,6% des petits âgés de trois ans fréquentaient une école maternelle, selon la Depp, le département statistiques du ministère de l'Education.

«Ce chiffre moyen couvre des inégalités diverses, derrière il y a des pratiques profondément différentes d'un territoire à l'autre», a toutefois insisté le chef de l'Etat. Il est notamment beaucoup plus bas en Outre-Mer.

Ce chiffre recouvre aussi des «disparités dans la journée», puisque «ce sont dans les quartiers les plus défavorisés que souvent, on ne va pas remettre l'enfant à l'école» l'après-midi, «parce qu'on ne peut pas ou on veut pas payer la cantine», a-t-il relevé. «Je souhaite que par cette obligation, à partir de la rentrée 2019, nous puissions (...) corriger ce différentiel qui n'est plus acceptable», a poursuivi le chef de l'Etat, inscrivant cette mesure «dans l'action menée pour lutter contre la pauvreté».

Cette mesure, qui rendra la maternelle obligatoire et devra passer par une loi, ne concernera qu'environ 26.000 enfants puisque actuellement 97% d'entre eux sont déjà scolarisés dès 3 ans, avec quelques disparités notamment en Guyane et à Mayotte, a précisé l'Elysée.

Le lieu de l'«égalité réelle»

«Cette décision traduit la volonté du président de faire de l'école le lieu de l'égalité réelle et une reconnaissance de la maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde ou une préparation à l'école élémentaire mais comme une véritable école, tournée vers l'acquisition du langage et l'épanouissement de l'enfant», explique l'Elysée.

La réforme de la maternelle en préparation succède à toute une série d'initiatives gouvernementales dans le domaine éducatif, après les classes de CP dédoublées dans les zones défavorisées, la modification de la procédure d'accès à l'université, la réforme du bac et de la formation professionnelle

C'est l'objet des Assises qui réunissent mardi et mercredi chercheurs et experts du développement de l'enfant au Centre national des arts et métiers, dans le centre de Paris.

L'allocution du chef de l'Etat sera précédée de celles du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer et du neuropsychiatre Boris Cyrulnik, sollicité pour préparer la réforme.

Emmanuel Macron se rendra ensuite dans une école du XIXe arrondissement qui a mis en place un enseignement innovant du langage.

Il se fera présenter une activité de phonologie (étude des sons de la langue) dans une classe de moyenne section avant d'échanger avec des enseignants, des parents et des agents territoriaux spécialisés.

Cette école s'appuie sur la musique et les arts visuels pour l'apprentissage du vocabulaire, en partenariat avec la Philharmonie de Paris voisine, a expliqué l'Elysée, soulignant que dans les milieux défavorisés un enfant entend des millions de mots de moins que dans un milieu plus favorisé.

Source : cnewsmatin

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