Johnny haliday

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Prénom Jean-Philippe Smet
Date de naissance 15 juin 1943(72 ans)Paris (France)
Genre Rock, pop, ballade, blues, rock 'n' roll, chanson française, rhythm and blues, country
Activité chanteur
Instruments Guitare
Site officiel johnnyhallyday.com

Jean-Philippe Smet, dit Johnny Hallyday, est un chanteur, compositeur et acteur français né le à Paris.

Avec cinquante cinq ans de carrière, il est l'un des plus célèbres chanteurs francophones et l'une des personnalités les plus présentes dans le paysage médiatique français, où plus de 2 100 couvertures de magazines lui ont été consacrées.

S'il n'est pas le premier à chanter du rock en France, il est, en 1960, celui qui le premier, popularise le rock and roll dans l'Hexagone. Après le rock, il lance le twist et le mashed potato, et s'il lui fut parfois reproché de céder aux modes musicales, il les a toutefois précédées plus souvent que suivies. Les différents courants musicaux auxquels il s'est adonné, rock 'n' roll, rhythm and blues, soul, rock psychédélique, pop puisent tous leurs origines dans le blues, et bien qu'interprète de nombreuses chansons dites de variété, de ballades, et parfois de country, le rock reste sa principale référence.

Son apport à la scène française est important. D'abord décrié puis reconnu, il impose sa marque et transforme le tour de chant traditionnel en un véritable spectacle. En dehors des pays francophones, s'il ne parvint pas durablement à s'imposer malgré plusieurs tournées à succès, notamment en Amérique du Sud, sa réputation d'homme de scène franchit en revanche les frontières. Au niveau international, Hallyday est considéré comme le seul rock’n’roller non anglophone connu par un large public.

Sa longévité au premier plan, comme ses prestations vocales et scéniques, lui attirent la reconnaissance de ses pairs. De l'Alhambra, en 1960, à aujourd'hui, en 183 tournées et 27 rentrées parisiennes, il a attiré plus de 28 millions de spectateurs, enregistré plus de 1 000 titres, composé une centaine de chansons et vendu 110 millions de disques. Sa carrière est déjà récompensée par 40 disques d’or, 22 de platine, 5 de diamant et 9 Victoires de la musique, pour une discographie officielle qui compte 50 albums studio et 27 albums live.

Biographie

Enfance

Enfant d'Huguette Clerc (1920-2007), mannequin-cabine, et de Léon Smet (1908-1989), acteur, chanteur et danseur belge,,, Jean-Philippe nait à la Clinique Villa Marie-Louise située au 3, cité Malesherbes dans le 9e arrondissement de Paris, le .

À sa naissance, il ne porte pas le nom de son père, mais celui de sa mère. Séparé depuis quelques mois, à la demande d'Huguette, le couple se reforme le temps d'un contrat de mariage et d'une reconnaissance en paternité, le 7 septembre 1944 ; date à partir de laquelle il se nomme officiellement Jean-Philippe Smet. Léon abandonne définitivement femme et enfant alors que son fils est âgé de huit mois.

Sa mère, coiffeuse puis employée de crèmerie, reprend après sa naissance une activité professionnelle, celui de mannequin-cabine pour des couturiers et fait élever son enfant par sa tante paternelle Hélène Mar,, figure maternelle de substitution, aidée de ses filles Desta et Menen qui est devenue la marraine de Jean-Philippe le jour de son baptême le 10 septembre 1943.

Le 28 mars 1945, le mari d'Hélène, Jacob Mar, est arrêté pour faits de collaboration, ayant été speaker et éditorialiste à Radio-Paris, la radio de la propagande nazie, ce qui compromet la carrière de première danseuse-étoile des filles d'Hélène. Après-guerre, dans une France marquée par la guerre et avec un père absent, Jean-Philippe sera traité de « fils de boche », de « bâtard » ou de « fils de divorcé », « stigmates sociaux que la légende de Johnny va (plus tard) récupérer pour les convertir en signes positifs ».

À 3 ans commence pour Jean-Philippe une vie d'enfant de la balle. Ses cousines sont des danseuses classiques et à partir de fin 1946, il vit à Londres durant deux ans. Desta épouse Lee Lemoine Ketcham, un danseur américain connu sous le nom de scène de Lee Halliday. Le trio de danse acrobatique, Desta, Menen et Lee, se produit à travers l'Europe jusqu'en 1949. Il devient ensuite duo, Desta et Lee se nommant alors « Les Halliday ».

Père de cœur, Lee Halliday qui incarne le rêve américain le surnomme Johnny. Plus tard, au moment de choisir un nom de scène, c'est naturellement qu'il optera pour le nom de scène Johnny Halliday. Inscrit à l'école des enfants du spectacle, Johnny suit des cours par correspondance, apprend la danse classique et le violon qu'il déteste et finit par échanger, au grand dam de ses aînés, contre une guitare. Durant deux ans, où il vit à Genève, inscrit au conservatoire, il prend des cours de guitare avec le maître José de Azpiazu, avant que ce dernier, n'appréciant guère qu'il joue dans les rues des airs de cow-boy, ne le renvoie. Dès l'âge de neuf ans, il occupe la scène pendant les changements de costume du couple, en chantant des chants traditionnels français ou américains. Il monte officiellement sur scène, pour la première fois, le 13 juin 1956 pour la première partie du spectacle des Halliday, à l’Atlantic Palace de Copenhague, où il chante La Ballade de Davy Crockett, en s'accompagnant à la guitare, habillé en cow-boy.

Rentrée à Paris, la famille demeure dans le quartier de la Trinité au 13 rue de la Tour-des-Dames.

Johnny obtient divers petits rôles : il est figurant dans Les Diaboliques, tourne une réclame pour une marque de vêtements, participe à la télévision à Martin et Martine (émission enfantine de Jean-Loup Berger), où il chante Dans les plaines du Far-West. À 14 ans, Johnny découvre au cinéma avec le film Amour frénétique, Elvis Presley et le rock'n'roll. C'est une révélation et, persuadé d'avoir trouvé sa voie, il décide de devenir chanteur de rock'n'roll.

Débuts

Soutenu par ses proches, notamment par Lee Halliday qui le produit, convaincu que cette musique peut s'imposer en France, ce dernier fait envoyer d'Amérique, par sa famille, des disques de rock. Ainsi, Johnny fait son apprentissage de rockeur et devient possesseur d'une collection de disques inconnus en France dont profitent de nombreux copains. Eddy Mitchell se souvient : « Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe, ce qui me permettait d'écouter tout ce que je ne pouvais pas écouter autrement, si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous ».

À partir de 1958, Johnny fréquente ce qui bientôt devient le lieu culte du rock français : le Golf-Drouot, d'Henri Leproux. C'est là qu'il retrouve d'autres copains, futurs confrères et concurrents : Long Chris, Dany Logan, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Sur le tremplin, s'inspirant de ses idoles, il chante des reprises et adaptations françaises du répertoire américain en s'accompagnant à la guitare. À l'Orée du Bois, durant les changements de costumes de Desta et Lee, Johnny chante Elvis, sous les sifflets du public. Dès le second soir, il est renvoyé.

Accompagné par Philippe Duval, son premier guitariste, il cherche à se produire dans divers clubs mais, partout le scénario est identique : on le refuse ou il est remercié. Il obtient ses premiers succès publics en chantant pour les GIs dans les bases américaines.

Le 30 décembre 1959, Johnny Halliday participe à l'émission radio Paris cocktail de Pierre Mendelssohn, avec en vedette Colette Renard. Il chante Viens faire une partie. Remarqué par Jil et Jan, deux auteurs-compositeurs enthousiasmés par sa prestation, ils le présentent à Jacques Wolfsohn de la maison de disques Vogue.

Les années Vogue (1960-1961)

Le 16 janvier 1960, Johnny Halliday signe un contrat avec Vogue.

Son premier disque, un super 45 tours, sort le 14 mars. Sur la pochette, son nom est, par erreur, orthographié avec deux y, graphie qui sera définitivement adoptée.
T'Aimer follement (titre également chanté par Dalida, son disque est sorti en février), est la chanson promue. L'accueil des radios est très défavorable voire franchement hostile, Johnny provoquant un choc de générations, alors que les auditeurs réclament de l'André Claveau ou du Georges Guétary. Seule l'émission Salut les copains quotidiennement programmée sur Europe N°1 fait figure d'exception ; dès la parution du disque le chanteur est largement soutenu par les présentateurs Daniel Filipacchi et Frank Ténot.

En avril, le chanteur obtient son premier contrat professionnel de 500 nouveaux francs et se produit, les 16 et 17, au Cabaret l'Escale à Migennes, (Johnny Hallyday 1960 : À la Roche-Migennes). Le lendemain, parrainé par Line Renaud, il fait sa première télé dans L'École des Vedettes d'Aimée Mortimer. Elle le présente comme un chanteur d'origine américaine - plus tard, sur les conseils de Charles Aznavour, Johnny rétablit la vérité sur ce demi-mensonge. Il chante Laisse les filles en jouant de la guitare tout en se roulant par terre, ce qui défraie la chronique mais aussi dope les ventes du disque qui, de trente-mille exemplaires déjà vendus, passent en quelques jours à cent-mille.

Souvenirs, souvenirs, son nouvel EP (sorti en juin), offre au chanteur son premier succès, tandis que son impresario Georges Leroux lui décroche de nombreux galas. Johnny est engagé en première partie de la tournée de Sacha Distel, avant de se produire durant l'été au casino de Juan-les-Pins. Durant cette tournée, on assiste aux premiers mouvements de foule. Ses prestations sont marquées par de nombreuses mini-émeutes, émaillées de multiples dégradations par ses admirateurs. La presse, unanimement hostile, parle d'hystérie collective pour dépeindre l'ambiance de ses galas.

En septembre, durant trois semaines, à l'Alhambra, il est programmé en vedette américaine de Raymond Devos. Son jeu de scène divise une fois de plus le public. Au balcon, si les plus jeunes sont enthousiastes et le lui font savoir avec véhémence, en revanche, au parterre, les aînés indignés le huent. Le tollé est tel que la direction veut supprimer Johnny du programme. Raymond Devos s'y oppose et Hallyday termine son engagement.

Après le succès de Souvenirs, souvenirs et la sortie en octobre d'un troisième 45 tours (Itsy bitsy, petit bikini), d'autres émissions de radio vont le programmer. Ce même mois, sort son premier 33 tours 25 cm Hello Johnny.

Cette fois encore, avec la chanson Itsy bitsy petit bikini, Johnny Hallyday est en concurrence avec Dalida (sa propre version est sortie un mois plus tôt) et Lucien Morisse, directeur des programmes d'Europe n°1 et compagnon de Dalida, après la diffusion du disque de Johnny, le , dans son émission Le Discobole, excédé, casse le disque en direct à l'antenne en déclarant « C'est la dernière fois que vous l'entendez,. »

En novembre, le chanteur se produit plusieurs jours à l'Alcazar de Marseille, où il confirme son succès naissant, avant de s'imposer à Monte-Carlo.

Le , dans une ambiance survoltée et explosive où bagarres et arrestations sont nombreuses, il chante au premier festival international de rock organisé au Palais des sports de Paris. L'événement, qui lance véritablement le rock en France, est gravé sur le disque Johnny Hallyday et ses fans au festival de Rock'n'Roll. Vraisemblablement il s'agit du premier album live de rock au monde, si ce n'est qu'il est enregistré en faux live et de facto devient le premier faux live de l'histoire internationale du rock.

À cette époque, le marché du disque est dominé par les vinyles 25 cm et les Maxi 45 tours et la publication d'un 33 tours 30 cm témoigne de la notoriété d'un artiste et de sa reconnaissance. C'est ainsi qu'Hallyday voit confirmé son récent statut de vedette, avec la sortie de son premier album Nous les gars, nous les filles. Pour autant un profond désaccord oppose Vogue et le chanteur. Désormais, Johnny n'est plus seul en France sur le marché du rock et la concurrence est rude, notamment celle du groupe Les Chaussettes noires. Aussi demande-il davantage de musiciens et des arrangements plus sophistiqués, avec saxophones et claviers. La réponse est « Tu fermes ta gueule et tu chantes », à quoi il réplique : « Je ne vois pas comment je peux chanter en fermant ma gueule » et part pour ne plus revenir.

Johnny Hallyday a 18 ans, est professionnel depuis à peine plus d'un an, a enregistré 36 chansons et a déjà vendu un total de 1 673 000 disques, quand sur fond de procès avec Vogue, il « signe » chez Philips le .

Johnny Stark devient son nouvel imprésario, tandis que Vogue sort un troisième et dernier 25 cm, Tête à tête avec Johnny Hallyday.

L'idole (1961-1964)

Alors que de nombreux incidents parsèment toujours ses apparitions et que plusieurs villes (Biarritz, Bayonne, Strasbourg, Cannes...), lui ferment leurs portes, Johnny enregistre, aux studios Fontana à Londres, son premier disque Philips Viens danser le twist qui sort le 20 septembre. Le jour même, et jusqu'au 9 octobre, il est le premier artiste de sa génération à se produire en vedette à l'Olympia de Paris, où il lance le twist en France.

Pour Noël, sort l'album Salut les copains, titre qui se veut un clin d'œil reconnaissant à la célèbre émission radio. Le titre Retiens la nuit s'impose particulièrement et marque sa carrière. Si Retiens la nuit n'est pas la première chanson douce du rockeur, écrite par Charles Aznavour et Georges Garvarentz elle fait date et lui vaut un regard des critiques plus clément. Son jeu de scène et les débordements que provoquent ses apparitions publiques sont toujours dénoncés, mais on souligne aussi à présent ses qualités vocales et son talent d'interprète. Désormais, il alterne chansons rythmées et chansons sentimentales, suivant en cela le conseil de Charles Aznavour, chanteur lui aussi contesté à ses débuts (25 cm Retiens la nuit).

Au printemps 1962, il enregistre à Nashville l'album Sings America's Rockin' Hits, chanté entièrement en anglais. Jamais encore un tel disque n'a été réalisé à l'attention du public français, alors peu enclin aux chansons en langues étrangères et s'il ne bouleverse pas les ventes, l'opus obtient un réel succès d'estime et est distribué dans de nombreux pays (Japon, Royaume-Uni, États-Unis...). En avril, Johnny reçoit son premier disque d'or pour Let's Twist Again, avant de retourner aux États-Unis pour une tournée de promotion, où il participe à plusieurs émissions dont l'Ed Sullivan Show.

Les succès s'enchaînent : Laissez-nous twister, Pas cette chanson, Elle est terrible et surtout L'idole des jeunes, une appellation qui désormais, va durablement lui coller à la peau. Nanti de ce nouveau titre, il investit l'Olympia du 25 octobre au 12 novembre. Sur le titre La bagarre, il se met en scène dans une rixe avec des voyous et sur I Got a Woman, à genoux devant sa guitare, il mime la scène finale de La Fureur de vivre. Ce second Olympia est un nouveau succès public et les critiques soulignent d'évidentes qualités scéniques. (Johnny à l'Olympia)

Début 1963, il chante au Palladium de Londres, puis s'envole pour le Liban pour une série de galas. Arrivé à Beyrouth, on lui annonce que sa venue crée des troubles politiques et que les représentations sont annulées. Indésirable, il rentre en France, où l'incident fait débat à l'Assemblée nationale.

Pour le premier anniversaire du magazine Salut les copains, Europe no 1 organise, le 22 juin, un concert gratuit place de la Nation, réunissant (notamment), Sylvie Vartan, Richard Anthony, les Chats sauvages et Johnny Hallyday. Alors que quelques trente mille personnes sont pressenties par les organisateurs, la manifestation rassemble entre cent cinquante mille de deux cent mille jeunes. Le retentissement est considérable et si le concert ce déroule sans ambages, en périphérie des heurts ont lieu entres bandes rivales. Le lendemain et les jours suivants, dans la presse le concert passe au second plan, on ne retient de l'événement que les dégradations et les interpellations de blousons noirs par la police;. Le quotidien Le Monde, le 6 juillet, publie un long article du sociologue Edgar Morin ; se faisant, l'auteur invente et sacralise l'expression « yéyé »;; qui s'impose de facto pour qualifier cette génération et ses idoles, en raisons des nombreuses onomatopées qui parsèment leurs chansons.

D'onomatopées, il en est encore question avec le nouveau succès de Johnny Da dou ron ron, qui de tous est celui du chanteur resté le plus longtemps no 1 dans les hit-parades (25 cm Da dou ron ron).

La tournée d'été, toujours mouvementée, crée une nouvelle polémique après son passage à Trouville, où en ce 14 juillet il interprète La Marseillaise ; ce qui lui vaut les foudres des anciens combattants, qui l'accusent de l'avoir chantée en rock. L'initiative fait scandale et l'incident est commenté au journal télévisé du soir.

Le chanteur est en vedette dans le film D'où viens-tu Johnny ?. Pour moi la vie va commencer et Ma guitare, extraits de la BOF éponyme, sont à l'automne deux énormes succès.

Début 1964, sort le 25 cm Les guitares jouent, enregistré avec son nouveau groupe Joey and the Showmen. Pour la première fois avec Quand je l'ai vue devant moi il chante une adaptation d'une chanson des Beatles (I Saw Her Standing There) et donne dans le country blues avec Excuse-moi partenaire.

Le succès, tant public que critique, est au rendez-vous de son 3e Olympia, où il se produit du 6 février au 15 mars. (Johnny Hallyday Olympia 64) Il donne encore quelques galas en province, à l'issue desquels il clôt provisoirement sa carrière, pour être incorporé, le 8 mai, au 43e régiment d'infanterie de marine d'Offenbourg (le chanteur a bénéficié d'un report d'une année afin de pouvoir honorer tous ses engagements).

Enregistré avant son incorporation, sort début juillet l'album Johnny, reviens ! Les Rocks les plus terribles. L'opus entièrement rock'n'roll, propose des adaptations de standards américains.

L'armée profite du passage dans ses rangs pour dix-huit mois de la célèbre recrue pour tourner des petits films de propagande bon enfant, à l'attention de la jeunesse, ainsi que quelques émissions de variétés réalisées en direct de la caserne, et, à la condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochettes de disques, il obtient l'autorisation de poursuivre ses enregistrements. C'est durant cette période qu'il grave l'un de ses plus grands succès, Le Pénitencier, extrait du 25 cm éponyme.

Période difficile, errances musicales et reconquête (1965-1969)

Johnny Hallyday et Sylvie Vartan se marient le 12 avril 1965, à Loconville, envahie pour l'occasion par le public et la presse.

L'album Hallelujah sort le 9 juillet 1965. S'il est toujours militaire, c'en est fini des poses en tenue règlementaire et sur la pochette Hallyday apparaît guitare à la main, vêtu d'un blouson et d'un blue-jeans. Libéré le 20 août, le chanteur reprend aussitôt ses activités et le 28, il est sur la scène du casino de Juan-les-Pins. En novembre sort un second album Johnny chante Hallyday qu'il a entièrement composé et qui marque le début d'une longue collaboration artistique avec son ami Long Chris.

Le chanteur se produit à partir du 18 octobre à l'Olympia, durant plus d'un mois. Musicalement Hallyday évolue vers le rhythm and blues, son tour de chant est entièrement renouvelé et les anciennes chansons sont expédiées en un medleyqui ouvre le récital. Seul le hit Le Pénitencier parmi les anciens succès est présent et le public quelque peu dérouté, ne retrouve pas le copain Teenager. Son retour laisse une impression mitigée.

En ce début d'année 1966, plus rien ne semble aller pour lui : ses ventes de disques connaissent une forte baisse et multipliant les galas, il ne joue pas toujours à guichet fermé. En cette période difficile, Hallyday se produit dans plusieurs pays étrangers, notamment en Europe de l'Est.

Arrive alors un nouveau chanteur nommé Antoine qui connait un succès fulgurant avec le titre Les Élucubrations d'Antoine, où au détour d'un couplet, il propose d'enfermer « Johnny Hallyday en cage à Médrano ». Peu après, Hallyday réplique avec le titre Cheveux longs et idées courtes qui connait un succès égal.

Johnny, en août, enregistre un nouvel album à Londres. Il y fait la connaissance de Noel Redding et Jimi Hendrix, qu'il contribue à faire connaître en les engageant dans sa tournée. Une plaque commémorative au Novelty de la rue Chartraine à Évreux, évoque le premier concert de la toute première tournée d'Hendrix le 13 octobre 1966, en première partie de Johnny Hallyday.

Si professionnellement cela va mieux, il n'en est pas de même côté vie privée. Alors que son fils, David naît le 14 août, lui chante à Milan. Le lendemain, pour quelques heures il est au chevet de Sylvie, puis s'envole pour Venise, où il se produit le soir même. La presse se fait l'écho d'une séparation imminente alors que le fisc lui réclame un lourd arriéré d'impôts. Le 10 septembre, Johnny doit chanter à la fête de l'Humanité ; épuisé par le rythme des galas et profondément déprimé, à quelques heures de la représentation, il tente de se suicider et est hospitalisé d'urgence C'est dans ce contexte, que Philips sort le titre Noir c'est noir, qui devient un énorme tube (le plus important depuis Le Pénitencier).

Après quelques semaines de convalescence, à l'occasion d'un Musicorama Johnny chante à l'Olympia le 18 novembre, accompagné par une nouvelle formation, les Blackburd, que dirige le guitariste Mick Jones et le batteur Tommy Brown. C'est un Johnny nouveau qui apparaît, son récital, sur des sonorités pop et rhythm and blues, est totalement inédit, son jeu de scène est renouvelé, son chant aussi. Désormais Hallyday « donne de la voix » et à force de débauches d'énergies, il emporte l'adhésion. Cette représentation à l'Olympia relance totalement sa carrière.

Le lendemain, l'album La Génération perdue est commercialisé. Ce disque, qui regorge de hits et de titres pour la scène demeure l'un des plus importants de sa production. L'année s'achève sur un autre grand succès, Si j'étais un charpentier.

Enregistrée à Londres en décembre, avec la participation de Jimi Hendrix, l'adaptation de Hey Joe est un nouveau tube pour Hallyday au printemps 1967.

La séparation entre Sylvie et Johnny n'est plus d'actualité et le couple se produit à l'Olympia du 15 mars au 16 avril. Johnny assure la seconde partie et débute son tour de chant avec Les coups, qu'il entame depuis les coulisses, le son allant crescendo à mesure qu'il avance vers la scène. Côté orchestration, priorité est donnée aux cuivres sur des tonalités très Soul music (Olympia 67). Fort de ce succès, le couple entame une tournée sud américaine de plusieurs semaines.

Amour d'été, adapté d'un classique d'Elvis Presley et Aussi dur que du bois sont les titres forts du nouvel album Johnny 67, qui confirme son orientation vers la Soul music.

À l'automne, avec San Francisco et Fleur d'amour et d'amitié imposées par sa maison de disques, le rockeur cède à la mode hippie, alors que Mon fils et Psychedelic - titre sur lequel joue le guitariste Jimmy Page - complètent ce nouvel EP.

Europe no 1 lui consacre, le 14 novembre, un Musicorama exceptionnel organisé au Palais des sports de Paris. 450 projecteurs et 800 phares de voitures dressés tel un mur au fond de la scène servent de décors. Pour la première fois, il utilise des écrans sur lesquels sont projetés une multitude d'images disparates. Le récital très contrasté alterne séquences peace and love et rock psychédéliques et violents. Johnny quitte la scène après un [Lucille (chanson de Little Richard)||Lucille]] déchaîné, et s'effondre au bord de la syncope dans la voiture qui l'emporte. La presse française et internationale commente largement la prestation d'Hallyday qui acquiert ses galons de bête de scène. (Johnny au Palais des sports).

À ce moment de sa carrière, un constat s'impose. Depuis deux ans, Johnny Hallyday est de toutes les influences musicales de l'époque : rhythm and blues, musique pop, musique soul, rock psychédélique et il n'a plus enregistré de rock 'n' roll depuis Rock'n'roll musique (1965) et, bien qu'il ait repris à la scène le classique de Little Richard Lucille, il faut attendre l'album Rêve et amour et la chanson Cours plus vite Charlie pour qu'il y revienne furtivement.

En 1968, Johnny confirme ses errances musicales tous azimuts, avec plusieurs Maxi 45 tours, qui précèdent la sortie, en juin, de son 9e album studio Jeune Homme, avec lequel il poursuit sa période psychédélique qu'il parachève avec l'emblématique album Rêve et amour qui paraît en octobre. La pochette du disque, mi-photo mi-dessin, est fortement influencée par celle de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Johnny y apparaît vêtu d'une tunique couverte de médaillons aux effigies de nombreuses personnalités de la chanson, du cinéma, de la politique... Les titres Entre mes mains, Fumée et Cours plus vite Charlie, s'imposent au public. Ce dernier est l'unique reprise d'un disque qui initialement devait être enregistré en anglais.

En concert à Johannesburg, ébloui par un projecteur, Johnny tombe dans la fosse d'orchestre et se fracture un pied. Il termine malgré tout la représentation et c'est dans le plâtre qu'il honore chacun de ses engagements en Afrique du Sud. Contre l'avis des médecins, il fait de même en France, jusqu'à ce que, victime d'un malaise, il s'effondre sur la scène du Palais d'hiver de Lyon. Cet incident l'oblige à plusieurs semaines de repos forcé, durant lesquelles il travaille avec Mick Jones et Tommy Brown à la formation d'un nouveau groupe.

En février 1969, Johnny Hallyday reprend la scène, d'abord au Canada, puis en France, où il rode son nouveau tour de chant, avant de se produire au Palais des sports de Paris du 26 avril au 4 mai. Un nouveau guitariste (remarqué en févier au Golf-Drouot), a intégré la formation ; nommé Jean-Pierre Azoulay, il va fortement marquer le « son Hallyday » au cours des années à venir,.

Au Palais des sports, l'artiste propose un spectacle totalement inédit. Évoluant sur plusieurs scènes reliées à la principale, sur l'une d'elles, il interprète Caché derrière mes poings en tenue de boxeur sur un ring, au milieu duquel, il effectue entre deux couplets un ballet dédié au « noble art », chorégraphié par l'américain Lester Wilson, adversaire de Johnny. Que je t'aime alors inédite fait grosse impression et compte parmi les moments forts du tour de chant. 100 000 spectateurs assistent à ce qui est véritablement son premier « grand » spectacle qualifié par le magazine Rock & Folk de « show de l'an 2000 ». (un live nommé Que je t'aime sort en novembre).

Communément appelé Rivière? ouvre ton lit, un nouvel album très blues rock, pour lequel il s'est entouré de nombreux musiciens anglais, notamment Peter Frampton et Steve Marriott, sort en mai. Si le disque offre au chanteur nombre de chansons pour la scène, seul Je suis né dans la rue accède au rang de tube et devient un classique de son répertoire.

La chanson Que je t'aime diffusée en 45 tours en juin, obtient un grand succès et demeure l'une des plus célèbres de son interprète. Sa tournée d'été bat des records d'affluence et Que je t'aime déclenche d'authentiques scènes d'hystérie et nombre d'évanouissements. Le spectacle achevé, Hallyday est très souvent évacué en car de police pour échapper à l'enthousiasme des fans.

Rocks violents et chants contestataires : l'effet Labro (1970-1971)

En ce début de décennie, Johnny Hallyday s'oriente vers un rock plus dur, plus violent, plus engagé. Sa collaboration avec le journaliste, écrivain et cinéaste Philippe Labro détermine ces changements et marque grandement sa carrière. Amis, ils partagent une passion commune pour l'Amérique, et les textes écrits par Labro donnent aux chansons d'Hallyday plus de profondeur, révélant un nouvel aspect du chanteur.

La première chanson Labro-Hallyday à être diffusée leur attire bien des problèmes. Alors que la face B du 45 tours On me recherche - qui pourtant raconte le périple d'un truand et ose quelques insolences envers la police - passe quasiment inaperçue, il n'en est pas de même pour le titre Jésus Christ, sur lequel Johnny chante que « si le christ vivait encore aujourd'hui, il serait un hippie », ce qui déclenche polémiques et scandales. La chanson s'attire les foudres de l'église et le Vatican menace d'excommunier l'auteur et l'interprète. Interdit d'antenne, le disque est retiré des rayons dans plusieurs magasins. Cette censure dope les ventes, mais la polémique ne retombe pas et durant sa tournée d'été Hallyday supprime le titre du tour de chant.

Un nouvel album, intitulé Vie, sort en novembre. Le disque diffère des productions précédentes du chanteur ; plus engagé plus contestataire, l'opus évoque des problèmes contemporains comme l'écologie ; sur C'est écrit sur les murs, il chante la fracture de la génération 1968 d'avec ses aînés. Poème sur la 7e, dit sur le 2e mouvement de la symphonie no 7 de Beethoven, parle du monde après une catastrophe nucléaire. Essentiellement écrit par Philippe Labro et Jacques Lanzmann (écrivain et parolier attitré de Jacques Dutronc), Vie est l'une des plus fortes ventes de cette fin d'année.

L'année est également marquée par le cinéma, où pour la première fois le chanteur trouve deux véritables rôles : il incarne un justicier dans Le Spécialiste, western spaghetti de Sergio Corbucci et un voyou repenti dans Point de chute, drame policier de Robert Hossein.

Le 20 février 1970, Sylvie Vartan et Johnny Hallyday se rendent à Belfort pour un gala et sont victimes d'un grave accident de la route. Si lui n'est que très légèrement touché, c'est beaucoup plus grave pour Sylvie, sérieusement blessée au visage. Des spécialistes américains en chirurgie esthétique parviennent, après plusieurs opérations, à lui rendre son visage.

Début 1971, l'affiche d'une tournée aux Antilles et au Canada fait scandale : Hallyday y apparaît crucifié sur une guitare. À Pointe-à-Pitre, le spectacle se transforme en émeutes et durant les étapes canadiennes les incidents sont également nombreux.

Le succès de la chanson Oh ! Ma jolie Sarah est fulgurant et s'inscrit parmi les plus gros succès de la décennie. Elle précède la sortie en juin de Flagrant délit, un album exclusivement rock, entièrement écrit par Philippe Labro. Johnny Hallyday a longtemps dit que Flagrant délit était son album préféré (jusqu'à ce que Rock'n'Roll Attitude ne prenne cette première place).

L'artiste chante au Palais des sports de Paris du 21 septembre au 14 octobre. Jamais encore il ne s'était produit dans la capitale sur une aussi longue période. Le son, volontairement poussé dans le rouge confirme une orientation musicale où la violence va crescendo. En fin de spectacle, le chanteur interprète un Medley Rock'n'Roll en anglais, sur lequel, chaque soir, l'accompagne au piano Michel Polnareff. Au cours de la dernière représentation, Johnny multiplie les standards américains et reste en scène plus de trois heures et demie. (Live at the Palais des sports).

Ballades, Country et Rock 'n' Roll (1972-1975)

1972, marque l'arrivée de l'auteur-compositeur-interprète Michel Mallory qui, après Philippe Labro, va fortement influencer la carrière de Johnny Hallyday. Parolier attitré du chanteur durant près de dix ans, il écrit ou adapte une centaine de chansons, au fil desquelles se révèle un Johnny plus intime. Son chant devient moins agressif, sa musique moins dure et, délaissant les rocks violents, il s'oriente vers un rock plus mélodieux mais non moins fougueux.

Au cinéma, sous la direction de Claude Lelouch, Johnny organise son propre enlèvement dans L'aventure c'est l'aventure, film dont il interprète la chanson titre.

J'ai tout donné de François Reichenbach, film consacré au phénomène Hallyday, est présenté en ouverture du festival de Cannes.

Sorti en juin, l'album Country, Folk, Rock est l'une des premières incursions d'Hallyday dans la country. Genre, à l'époque, peu prisé en France, le disque connaît un succès d'estime.

Pour sa tournée d'été, il s'essaye à un nouveau spectacle le Johnny Circus mêlant numéros de cirque et musique. L'entreprise de par son gigantisme est un gouffre financier pour Johnny Hallyday. Ce qui l'empêche, durant quatre années, de produire de nouveaux shows sur une scène parisienne.
Un nouveau 45 tours, Avant, conclut une année en demi-teinte pour le chanteur.

Début 1973, la chanson La Musique que j'aime s'impose au public et devient l'un de ses grands classiques. Elle ouvre l'album Insolitudes, où blues, rocks et ballades font la part belle aux guitares. Le disque compte parmi les meilleures réussites du tandem Mallory-Hallyday.

À la demande de Bruno Coquatrix, alors en proie à d'importants problèmes financiers, Johnny donne gracieusement plusieurs représentations à l'Olympia, en juin.
Sur les ondes, en duo avec Sylvie Vartan, la chanson J'ai un problème est un hit et l'un des grands succès de l'année. (album J'ai un problème). Durant l'été, le couple se produit à de nombreuses reprises ensemble sur scène.

En 1974, Je t'aime, je t'aime, je t'aime, un nouvel album essentiellement composé de ballades, offre à Johnny l'occasion de chanter avec emphase et lui révèle la recette de succès à venir tels que Requiem pour un fou ou Derrière l'amour. Michel Mallory est l'unique auteur d'un opus qui voit Mick Jones jouer une dernière fois pour Hallyday.

Le 28 juin, il chante au pénitencier de Bochuz en Suisse. Malgré plusieurs tentatives, le chanteur n'a jamais réussi à obtenir les autorisations nécessaires pour concrétiser un tel projet en France. Sa prestation est enregistrée et diffusée à la télévision suisse romande le 23 juillet, durant l'émission Pour vous Messieurs X : Johnny Hallyday et Raymond Devos à Bochuz. Lors de l'entretien avec les prisonniers, Johnny déclare : « J'ai été sauvé par mon métier, peut-être que je serais ici aujourd'hui si je n'avais pas eu cette chance ». Lorsqu'il quitte le pénitencier, les détenus le saluent en frappant avec leurs gobelets aux barreaux de leurs cellules. Sa tournée croise celle de Michel Sardou, les 3 et 29 août, et les deux amis se produisent ensemble à Béziers et Genève.

Comme durant la totalité des années 1960-1970, Johnny Hallyday enchaîne les tournées et donne quelque deux cents galas par an. Sur scène, il déploie tant d'énergie qu'il en sort souvent au bord du K.O.. Cet engagement sans retenue, doublé par une existence de noctambule qui l'entraîne dans bien des excès, n'est pas sans quelques « clashs », comme ce soir d'été, où il s'effondre d'épuisement sur scène à Alençon.

Lors d'un entretien télévisé, Johnny Hallyday déclare : « Je suis un chanteur de rock revu et corrigé par la variété ». À peine a-t-il dit cela que, se faisant mentir, il enregistre coup sur coup trois albums de Rock and roll :
Rock'n'Slow est le premier volume de ce qu'il nomme sa « trilogie retour aux sources ». Hallyday mêlant créations originales et « classiques » chante Berry, Cochran, Presley, mais aussi les Stones. La sortie de l'album précède une tournée de promotion, qu'il débute par Souvenirs, souvenirs, marquant un peu plus encore ce retour aux origines.

Début 1975, le chanteur est en studio à Memphis et Nashville. Sur Rock à Memphis, il grave treize standards des « fifties ». L'album, publié en mai, est favorablement accueilli par la critique et le public.
Dans la foulée, l'album La Terre promise est enregistré à Nashville. Le disque, aux sonorités très country rock, sort en septembre.

Sur les ondes, dès avril, les titres La fille de l'été dernier et Hey lovely lady, pressés sur un même 45 tours, sont des « hits ».

À la suite d'ennuis avec le fisc, qui lui réclame plusieurs centaines de millions de francs d'arriérés, Johnny fait part de son désir de tout arrêter, et s'installe aux États-Unis avec Sylvie et David. Mais L'envie de chanter et le démon de la scène reprennent vite le dessus et, à l'automne, il enregistre deux albums et annonce sa rentrée au Palais des sports de Paris en septembre 1976.

One-man-show, rocks et variétés (1976-1981)

Ce retour est marqué par de nombreux changements artistiques. Jacques Revaux (avec qui Johnny a travaillé occasionnellement il y a une dizaine d'années), assure désormais la réalisation des albums, et les chansons dites de variétés se font plus nombreuses : la popularité du chanteur se renforce, les succès présents renouant avec ceux de ses premières années.

Sortie en février 1976, Requiem pour un fou se classe au sommet des hit-parades en deux jours et est très vite disque d'or. Johnny obtient un second hit avec la chanson Derrière l'amour annonciatrice de l'album éponyme. Le disque, qui alterne rock et variété, obtient un grand succès et devient la meilleure vente de la décennie de l'artiste. À l'automne, la chanson Gabrielle (unique titre rock du chanteur à accéder, en cette période, au rang de tube), devient un nouveau no 1.
En mai, en Italie, sort son second album enregistré dans une langue étrangère, In Italiano.

Il se produit au Palais des sports de Paris du 28 septembre au 30 octobre. À la scène aussi les changements sont notoires et, si le tour de chant conserve la fougue dont est coutumier le chanteur, il est aussi nettement moins agressif que lors de ses précédents concerts. La mise en scène, plus soignée, gagne en standing ce qu'elle perd en violence. Ce one-man-show consacre sa première partie aux succès des années soixante, tandis que la seconde fait la part belle aux titres actuels. Le spectacle attire deux cent mille personnes et Johnny établit un nouveau record du plus grand nombre de spectateurs pour un spectacle musical,. Désormais les effets spéciaux et les innovations techniques agrémenteront ses prestations à venir, dans un gigantisme et une mise en œuvre de moyens exceptionnels pour un chanteur français. (Johnny Hallyday Story - Palais des sports)

Hamlet, premier double album studio du chanteur et l'un des tout premiers opéra-rock en France, paraît en novembre. Gilles Thibaut signe le livret de l'adaptation en vers de la pièce de Shakespeare, sur une musique composée par Pierre Groscolas, fortement influencée par le rock progressif. L'album, sort sans aucune promotion et ne trouve pas son public (d'autant que l'actualité du moment, c'est le show Johnny Hallyday Story, avec lequel le chanteur tourne en province durant plusieurs mois). Hamlet est un échec commercial et l'idée de le monter sur scène, sur une mise en scène confiée à Robert Hossein, est abandonnée.

En cette période, les disques d'or se succèdent. La réussite de Derrière l'amour fait des émules et les albums à venir s'inspirent grandement du même concept. Bien qu'Hallyday ne délaisse nullement le rock, ses productions du moment sont estampillées variétés et si, jusqu'alors, il s'est souvent entouré de pointures parmi les musiciens pour ses enregistrements, le chanteur se contente désormais d'orchestres sans autre forme distinctive.

En octobre 1977, sort l'album C'est la vie. Le titre phare, J'ai oublié de vivre, est l'unique tube d'un disque qui obtient pourtant les faveurs du public.

Jacques Revaux cède la place de directeur artistique à Eddie Vartan en 1978. La chanson Elle m'oublie (premier extrait de l'album Solitudes à deux), est un énorme hit, comptant parmi les plus importants de la décennie et remporte le grand prix du Midem à Cannes.
Cette année-là, Antoine avec Les Élucubrations revisited donne une suite à son succès de 1966 et à nouveau interpelle Johnny Hallyday, qui cette fois, ne répond pas.

Hollywood, enregistré à Los Angeles, sort en janvier 1979. L'album contient de nombreuses adaptations et emprunte de multiples couleurs musicales : Hallyday chante Bob Seger, Robert Palmer et (plus étonnant), Jimmy Cliff. Le bon temps du Rock'n'Roll est l'unique tube et single d'un album qui rompt avec les précédentes productions.

À l'occasion des festivités de bicentenaire de la marine, le 29 septembre, il chante sur le Foch, devant un parterre de marins. Le spectacle est retransmis en direct sur TF1.

Johnny présente son nouveau spectacle L'ange aux yeux de lasers, au pavillon de Paris, du 18 octobre au 26 novembre. Pour ce show conçu sur un thème de science-fiction, le chanteur interprète nombres d'inédits, notamment Ma gueule (chanson qui très vite devient un standard). Pour son entrée en scène, Hallyday porte des lunettes spécialement adaptées pour lancer des rayons lasers en direction du public. C'est encore sous des lasers qu'il termine, foudroyé, cette première partie, après avoir chanté un vibrant plaidoyer contre la peine de mort, Sauvez moi. La seconde partie est d'une facture plus classique : Hallyday y interprète de nombreux succès et achève son récital par une longue séquence rock'n'roll, sur laquelle l'accompagne au piano Gilbert Montagné. Lors la dernière représentation, David Hallyday (alors âgé de 13 ans), fait sa première apparition publique en accompagnant son père à la batterie sur Rien que huit jours. Joué à guichets fermés durant six semaines, le spectacle attire 250 000 spectateurs, et le double album Pavillon de Paris : Porte de Pantin bat des records de vente pour un disque live.

Diffusé en juin 1980, l'album À partir de maintenant, essentiellement composé de ballades, ne contient aucun tube et n'est jamais parvenu à s'imposer comme marquant dans la discographie du chanteur. Il se distingue par la reprise de La Poupée qui fait non de Michel Polnareff et par la création de Je ne suis pas un héros, chanson écrite par Daniel Balavoine pour Johnny Hallyday.

Ce même mois, Sylvie et Johnny chantent à la Fête de la Liberté devant plus de 200 000 spectateurs. Après un concert à Orange, le couple se produit encore aux Arènes de Béziers le 13 août ; le public ignore alors qu'il assiste à ce qui est leur dernière représentation commune. Sylvie Vartan et Johnny Hallyday sont officiellement divorcé le 5 novembre.

Début 1981, sort l'album En pièces détachées, qui marque un net retour au rock dur et violent : avec le titre Guerre, Hallyday s'offre une incursion dans l'univers du hard rock et la chanson Lady Divine, qui se veut une mise en garde contre la consommation de substances illicites et dangereuses, devait à l'origine s'appeler Lady Cocaïne, mais la maison de disques imposa de le modifier (ainsi que, quelques peu, le texte.
En février et mars, accompagné par une nouvelle formation, le Night Rider Band, (anciens musiciens d'Elton John), il est en tournée de promotion à travers la France et la Belgique. Son tour de chant, entrecoupé de rares ballades, est essentiellement rock et, sur scène, Lady Divine, interprétée sans censure, redevient Lady Cocaïne. La tournée s'achève sous chapiteau à Paris, porte de Pantin. Durant l'été, le spectacle est diffusé sur Antenne 2, dans son intégralité, à l'exception de Lady Divine, indésirable à la télévision. (Live).

Enregistré à Londres, Pas facile sort en septembre. Album d'introspection, il révèle les désillusions, empreintes de nostalgie, du chanteur. Sur J'en ai marre, chanson à l'humour caustique, Hallyday invective la presse qui, il y a peu, l'a donné pour mort et généralement invente sa vie. Cet album marque la fin de la collaboration avec Michel Mallory, après neuf années d'une fructueuse complicité qui à présent marque le pas.

Période difficile (II) et retour aux sources (1982-1985)

Depuis Ma gueule, le chanteur ne connaît plus de grand « tube » et malgré un répertoire grandement renouvelé ces dernières années, il manque de titres marquants. Pour autant cette période, où Johnny Hallyday collabore essentiellement avec Pierre Billon est fructueuse en créations. Au cours de ces quatre années, il enregistre huit albums studio, (dont un en espagnol Black es noir et Version 82 où il réenregistre la totalité des chansons de la période Vogue).

Sortie début 1982, l'album Quelque part un aigle, faisant fi des contraintes commerciales, s'essaye à d'autres thèmes, explore d'autres pistes musicales et déroute quelque peu le public.
Il s'accompagne en février-mars, d'une tournée avec un nouveau groupe, Énergy, ou cours de laquelle, Le 19 février, le chanteur donne deux représentations pour les détenus à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis.

À la ville, en ce printemps, Nathalie Baye et Johnny Hallyday deviennent un couple, duquel naît, en novembre 1983, Laura Smet.

Commercialisé quelques jours avant la première, l'album La peur, n'existe que par et pour le show Fantasmhallyday que Johnny donne au Palais des sports de Paris à l'automne.

En 1983, Entre violence et violon est l'album du renouveau artistique, avec lui s'amorcent les changements à venir, qui trouvent leurs apogées avec les albums Rock'n'Roll Attitude et Gang.
Avant cela, on vient se régénérer à la source, Nashville, où l'on enregistre trois albums : Entre violence et violon, En V.O. et Drôle de métier, (plus un Spécial Enfants du Rock, issu de l'émission Go, Johnny, Go diffusé sur Antenne 2 le 10 mars 1984).
Entre violence et violon et Drôle de métier s'inscrivent parmi les meilleures réussites Rock de l'artiste et lui fournissent nombre de titres taillés sur mesure pour la scène, à l'instar de la chanson Mon p'tit Loup (ça va faire mal) qui est un succès. Si l'accueil de ces disques est mitigé, la popularité du chanteur n'en demeure pas moins intacte et à la scène il mobilise toujours autant les foules. Durant cette période avec peu ou pas de "hits", Johnny Hallyday monte deux de ses plus grands spectacles :

Fantasmhallyday est présenté du 14 septembre au 11 novembre 82, au Palais des sports de Paris. Ce show, le troisième et dernier à thèmes de l'artiste, est considéré comme l'un des plus grands jamais montés en Europe. Johnny incarne « le Survivant » dans un monde après l'apocalypse, où il affronte mutants et zombies. Jean-Claude Camus en association avec Gilbert Coullier, est pour la première fois producteur de Johnny Hallyday. En première partie, le chanteur repousse les codes du tour de chant traditionnel en proposant un répertoire de huit titres inédits sur les dix interprétés, n'hésitant pas à interrompre la partie musicale à deux reprises durant plusieurs minutes : Une vidéo projetée sur un écran géant est pour la toute première fois utilisée dans un spectacle musical comme vecteur à la narration[réf. nécessaire]. Plus tard, s'enchaînent sur la scène une succession de cascades et de combats... En seconde partie, il propose un récital plus familier, reprenant d'anciens succès. Durant deux mois, Johnny donne cinquante-quatre représentations pour deux cent cinquante mille spectateurs. (Palais des sports 82).
Durant une représentation, au cours d'une cascade, il se blesse à une hanche... Il n'en continue pas moins la scène et, après la capitale, entame en province une longue tournée. Le chanteur, après encore quelques représentations durant l'été, est hospitalisé à l'hôpital Cochin, le 26 juillet 1983, où opéré de la hanche, une prothèse est posée,.

En 1984, à partir du 25 octobre et jusqu'au 2 février 1985, Johnny Hallyday s'installe pour trois mois au Zénith de Paris, (une durée de programmation jamais vue en Europe). Le chanteur apparaît dans un poing géant et articulé venu du fond de la scène pour s'ouvrir au-dessus du public. Hallyday interprète plusieurs inédits durant ce tour de chant aux accents très rock, mais où ballades et émotions sont néanmoins présentes, notamment avec la reprise de Ne me quitte pas de Jacques Brel. Johnny achève la première session de son Zénith le 23 décembre et les représentations reprennent le 4 janvier.
Le mardi 8, à quelques minutes de la fin du show, Hallyday s'écroule sur scène, victime d'une syncope. Hospitalisé jusqu'au 12, il est contraint d'annuler toutes ses dates jusqu'au 29 janvier. Le lendemain, Johnny Hallyday remonte sur scène pour les trois dernières représentations. Ce spectacle reste, à ce jour, la plus grosse production et la plus « grosse machinerie » jamais mise en œuvre par l'artiste. (Johnny Hallyday au Zénith)

La période Hallyday-Billon s'achève ici, malgré et peut-être grâce à une absence de « tube », elle est musicalement l'une des plus novatrices du chanteur. Elle n'est pas sans rappeler la période Mick Jones-Tommy Brown, tout autant déroutante pour le public, qui marque la seconde moitié des années soixante, où le chanteur tout en se cherchant un « second souffle » a livré quelques-uns de ses albums les plus emblématiques. Pierre Billon est la « clé de voûte » de cette volonté de renouvellement chez Hallyday en ce début de décennie. Une période souvent négligée, parfois décriée. Ainsi Jean-Claude Camus n'a guère de complaisance pour elle, lorsqu'il déclare : « Je considère qu'entre Jacques Revaux et Michel Berger il n'y a rien. (?) Il faut reconnaître que depuis le disque avec Berger, il est reparti très fort, n'ayant jamais vendu autant de disques. ». Jean-François Brieu a un tout autre jugement : « Ce qui est caractéristique des productions Billon, c'est que l'on aime aller chercher loin dans les références littéraires, on adore déstructurer les mélodies (?), on s'éclate à casser les lignes de basses, les soli trop proprets (?). Bref, on produit, c'est-à-dire qu'on prend des risques ».

1985 marque le début du Top 50, qui mesure l'impact d'un artiste à la hauteur de ses ventes, (et non plus de ses classements dans les hit-parades). Les classements à venir du chanteur établissent que, de tous les artistes issus des années soixante, Johnny Hallyday résiste au temps et aux modes et est quasiment le seul, côté ventes, à pouvoir faire jeu égal avec les nouveaux venus.

Vers une nouvelle image (1985-1992)

Depuis 1961, le chanteur est tenu par contrat de fournir chaque année un nombre conséquent d'albums et de 45 tours. Alain Lévy, nouveau patron de Philips, pense que ses enregistrements devraient être moins nombreux afin de lui permettre de les peaufiner davantage. Dans cette optique, il est fait appel à des auteurs et compositeurs de renoms chargés d'écrire du sur mesure pour Johnny Hallyday et lui permettre d'amorcer ce changement.
C'est ainsi qu'au printemps 1985, il enregistre l'album Rock'n'Roll Attitude, écrit composé et réalisé par Michel Berger. Le disque obtient un grand succès public et critique. De nombreux titres sont des hits et deviennent des standards de son répertoire, notamment Quelque chose de Tennessee, qui s'impose comme l'un de

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